Tag Archives: poésie

Ceci est une histoire d’amour

14 Fév

Ceci n’était pas une histoire d’amour.

Ceci, en vérité, n’était même pas une histoire.

Et puis le temps s’est écoulé.

Et puis la douleur s’est apaisée.

Et puis la peur a relâché son étreinte.

Et puis on a donné à  cette histoire

Une deuxième chance.

*****

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Ceci n’est pas une histoire d’amour

22 Juin

Ceci n’est pas une histoire d’amour.

Ceci n’est pas l’histoire d’un homme et d’une femme qui se rencontrent.

Ceci n’est même pas l’histoire d’un premier baiser ni celle d’une nuit passionnée.

Ceci ne dit pas comment cet homme et cette femme se sont plu tout de suite.

Ceci n’est pas la liste de tout ce qu’elle affectionne en lui, ni de tout ce qui le touche en elle.

Ceci ne relate pas les années passées à vivre ensemble.

Ceci n’est pas l’histoire de leur bonheur partagé.

Non, ceci n’est pas une belle histoire.

Ceci n’est pas non plus l’histoire de leur première dispute.

Ceci ne dit pas pourquoi ils se sont éloignés l’un de l’autre au cours des années.

Ceci n’est pas la liste des blessures, ni celle des regrets.

Ceci n’explique pas pourquoi tout ce qu’elle affectionnait en lui et tout ce qui le touchait en elle a disparu.

Ceci ne raconte pas le désir qui s’éteint lentement.

Ceci n’est pas l’histoire de leur rupture.

Non, ceci n’est pas une histoire triste.

Ceci, en vérité, n’est même pas une histoire.

La cruauté

25 Sep

À la fin de son courriel,  son courriel si triste, si bouleversant,  il a écrit « Ne vous en faites pas si vous êtes sans mot ».

Je suis sans mot.

Quand la vie est si injuste, on ne peut que s’incliner et admettre notre impuissance.

Quand la mort frappe là où on attendait la vie, on ne peut que fixer le vide en tentant de reprendre son souffle

Quand la vie est absurde à ce point, il n’y a rien à comprendre.

Quand la mort se loge dans le ventre d’une mère,  plus rien ne fait de sens.

Devant tant de cruauté, il n’y a rien à dire.

Rien à écrire.

Il ne reste que les larmes.

Et peut-être l’amour.

Mais je ne sais pas.

Je ne sais rien.

Leçon de solitude

16 Août

Parce que nous avons tous besoin de réapprendre à être seul à un moment ou à un autre, pour une heure ou pour une vie.

Par la fenêtre

25 Avr

Couchée au-dessus du vide
Je regarde la vie qui fourmille tout en bas
Le soleil se couche au loin sur les collines
Ses derniers rayons chatouillent ma peau à travers la fenêtre
Cette fenêtre qui est tout ce qui me sépare du monde
En bas, il fait sombre, il fait froid
Le soleil ne réchauffe plus les terrasses sur les trottoirs
Et pourtant vous résistez
Vous remontez les cols, resserrez les foulards
Vos orteils se crispent dans vos sandales
Mais vous restez là à siroter votre bière
À faire semblant que l’été est arrivé
Mais il n’en est rien
Je le sais bien, moi, là-haut, qui vous observe
Je sais que dehors ce n’est pas l’été
Mon corps me le dit
Il y a encore des vents d’hiver qui le traversent
Qui le font frissonner
Le soleil caresse les collines maintenant
Il s’y glisse comme l’amant sous les couvertures
Le ciel s’embrase
Vous accélérez le pas
Il ne sert à rien de faire semblant maintenant
Allez, allez vous réfugier dans vos divans
Allumez la télé
Et continuez d’y croire
Ce ne sera plus bien long
Le soleil ne m’a laissé
qu’un ciel flamboyant pour me consoler
Et, au loin, un avion qui s’éloigne
Je vais fermer les rideaux
Je vais allumer la télé

Il neige à plein ciel

24 Fév

Il neige à plein ciel.

C’est ce qu’elle s’est dit en offrant son visage à ces lourds flocons qui venaient y mourir.

Il neige à plein ciel.

Elle savait que c’était un cliché. Mais c’est ce qu’elle s’est dit. Enfin, non, pas ce qu’elle s’est dit, cela impliquerait qu’elle en a décidé ainsi, qu’elle a choisi de prononcer ces mots.

Il neige à plein ciel.

Ces mots se sont imprimés dans sa tête, ils revenaient sans cesse, remplissant le vide. Empêchant d’autres pensées de venir s’y loger.

Il neige à plein ciel.

Elle se laisse bercer par le rythme de la litanie, la répétant inlassablement. Comme un mantra.

Il neige à plein ciel.

Je me demande combien ils sont. Les flocons. C’est ce qu’elle se demande en observant le ciel. Des milliards sûrement. Autant de flocons que d’êtres humains. Et moi, je suis l’un deux. Une petite goutte d’eau glacée parmi des milliards. Et je tombe.

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Les yeux collés

6 Fév

Un petit matin de semaine. Le réveil est plus difficile que d’habitude. Il y a de ces matins, on ne sait pas pourquoi, mais on ouvre les yeux avec l’impression d’avoir combattu toute la nuit.  Combattu quoi? Je ne sais pas, les draps, le froid, l’envie de pipi, les tracas qui refusent de nous lâcher, les cauchemars, les rêves, même, parfois. Oui, il m’arrive de combattre mes rêves, ces fantasmes d’un monde meilleur, d’un pays lointain, d’une nuit torride, d’une autre vie. Oui, par moments, j’aspire à un sommeil dénué de désirs.

Un petit matin de semaine, donc. Je me lève péniblement, me laisse caresser par le jet brûlant de la douche, l’esprit brouillé. Les gestes machinaux. Se maquiller, se sécher les cheveux, s’habiller, accrocher une montre à son poignet, des boucles à ses oreilles, nourrir le chat, flatter le chat, secouer la boîte de céréales, verser le lait, amener la cuillère à sa bouche, écouter la radio d’une oreille, lire une revue distraitement, rincer le bol, se brosser les dents, appliquer le gloss, ramasser le repas du midi, le cellulaire, mettre les bottes, le manteau, le chapeau, prendre la sacoche, le sac à ordi,  le sac à lunch, tourner la clé dans la serrure.

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Vieillir

24 Juin

Vieillir vers un ailleurs

Ne pas savoir ce qui se cache

Derrière les buissons

Leurs branches entremêlées étouffant la lumière

Une terre infertile

Le sable qui recouvre tout

La vie qui ne cherche même plus à éclore

Abandonné, le bourgeon qui refuse de saluer l’été

L’été, l’été…

Il est fini, c’est fini, fini

Tu n’as pas su en profiter

Il t’a oublié