Archive | août, 2011

Une île

28 Août

C'est ainsi que j'imagine la petite Alice... (photo: Flickr.com)

Il y a une île qui m’attend, une île loin de moi, loin de nous, une île dont j’ignore presque tout, mais qui m’appelle, m’attire et m’intrigue.

Il ya déjà plusieurs mois, j’ai été complètement bouleversée par un documentaire sur le tsunami qui a frappé l’Asie en 2004.. Je vous en avais parlé. Je vous avais dit aussi que j’irais peut-être au Sri Lanka. Et que je penserais à la petite Juliette et à Elizabeth.

Je serai aussi habitée par le roman Retour à Brixton Beach, que j’ai terminé il y a déjà quelques jours, mais qui me colle encore à la peau, aux tripes, au coeur… Il y est question du Sri Lanka, mais aussi de la guerre, du pouvoir rédempteur de l’art, de l’exil, du désespoir… Pour m’accrocher encore un peu à ces personnages qui m’ont tellement touchée, j’ai voulu en savoir plus sur l’auteure.  Je n’ai pas été étonnée d’apprendre que Roma Tearne est également artiste visuelle. Sa sensibilité artistique, son attention aux détails visuels illuminent le roman et créent des images fortes et poignantes.

Je ne prétends pas connaître cette île, ni comprendre son histoire et encore moins sa réalité actuelle. Mais j’espère simplement être dorénavant plus réceptive, alors que j’ai déjà tant pleuré sur son sort et celui des siens.

Finalement, ce que je voulais vous dire c’est que si vous avez une chance de lire ce roman, faites-le.

Je pars bientôt.

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Junky

23 Août

La première fois, je n’étais pas certaine de le reconnaître. Il sortait du dépanneur. J’ai eu le temps d’apercevoir deux pains blancs dépassant de son sac. Je l’ai croisé de nouveau, au coin de ma rue.  Une fois, deux fois. Et encore aujourd’hui. Il était à vélo. Je me suis demandé s’il l’avait volé.

La mémoire m’était revenue.

Il y a vingt ans, c’était un beau garçon. Allumé. Bohème.

Quelques années plus tard, je l’avais revu à la librairie où je travaillais. Il tentait de cacher un dictionnaire dans son manteau. Je suis allée vers lui. J’ai dit son nom. « Qu’est-ce que tu fais?» Il a levé la tête. Son regard était vide. J’ai eu peur.  « Tu ne peux pas faire ça.» Il a déposé l’épais volume sur la tablette et il s’est enfui.

Je ne me souviens plus de son nom. Tout cela a refait surface. Tout sauf son nom qui se refuse à moi.

Il était revenu. Je le suivais dans la librairie, sans un mot, jusqu’à ce qu’il parte, les mains aussi vides que ses yeux, son manteau flottant autour de son corps maigre. Nous avons répété notre silencieux manège à plusieurs reprises.

Je ne l’ai jamais revu.

Jusqu’à cet été.

Il a les mêmes yeux éteints. Son visage est ravagé par le temps et je ne sais quelle cochonnerie. En toute franchise, j’ai été étonnée qu’il soit toujours vivant.

Je me questionne sur sa vie. A quoi elle ressemble. Où il habite. Mais lorsque je le croise, je ne lui demande rien.

Je regarde ailleurs et j’accélère le pas.

 

India

5 Août

J’ai hâte.

India from Thom Coffey on Vimeo.