Vivre à tue-tête

20 Jan

Mais vous, qu’est-ce qui vous fait pleurer? Et puisque nous sommes entre nous, qu’est-ce qui vous fait rire, danser, prier, descendre dans la rue, vivre à tue-tête?

Ce sont ces questions d’André Ducharme dans l’Actualité qui m’ont arrêtée dans ma lecture distraite, qui ont suspendu la cuillère dégoulinante de lait dans sa course, figé la main flattant le chat. Des mots qui me demandent ce qui me rend vivante.

Et je ne connais pas la réponse. Là, au déjeuner, écoutant d’une oreille distraite René Homier-Roy et sa bande, réfléchissant à la journée de boulot devant moi, tout en feuilletant une revue, mangeant mes céréales et flattant le chat, je ne sais pas.

Début. Ce qui me fait pleurer. Tant de choses. Des belles et des laides, des profondes et des futiles, des émouvantes et des déchirantes. C’est si facile de pleurer.

Ce qui me fait rire. Je suis chanceuse. Ça aussi, c’est facile. Le rire préfabriqué, très peu pour moi. Mais la naïveté d’un enfant, mais la maladresse d’un ami, mais la réplique spontanée de l’une et la mimique de l’autre… La dérision. L’absurde. La stupidité humaine,  parfois.

Ce qui me fait danser. La musique.

Ce qui me fait prier. Trop de malheur. Trop de bonheur aussi.

Ce qui me fait descendre dans la rue. Je me souviens de cette marche pour la paix.  C’était lors de la guerre du golf. Il y a plus de 20 ans. Nous chantions « Give Peace a Chance ». J’étais amoureuse.  Puis le référendum de 1995.  J’ai eu le coeur brisé. Fin. Ou peut-être pas.

Ce qui me fait vivre à tue-tête. Vivre à tue-tête?!? Ce doit être bien de vivre à tue-tête. Peut-être épuisant, mais sûrement captivant. Vivre à tue-tête? Je ne sais pas… Il y a des jours où ma vie n’a rien d’exaltant. Mais parfois, oui, parfois, il m’arrive de vivre à tue-tête. Je crois…

Le voyage. Oui, le voyage m’offre cette liberté. Fait vibrer mon corps. Mon esprit aussi. L’amour. L’amour m’a fait perdre la tête. La création. Oui, de rares moments de création m’ont entièrement soufflée. Et puis sentir que je fais partie d’un tout.  Me sentir toute petite, aussi.  Si petite devant la beauté du monde.

Et puis il y a ces bouffées de bonheur. Soudaines. Imprévisibles.  Et alors là, monsieur Ducharme, j’aurais envie de crier. J’aurais envie de chanter. Peut-être même de danser. Alors là, pour ce très court instant, je crois bien que je vis à tue-tête.

Et puis le bonheur passe. Fin.

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2 Réponses to “Vivre à tue-tête”

  1. CX comme Corinne vendredi 21 janvier 2011 à 01:48 #

    Très, très beau texte…Je m’y lis. On vous sent derrière les mots, on vous voit caressant le chat. Mélancolie.
    Vivre à tue-tête et puis Fin.

  2. Paula dimanche 23 janvier 2011 à 12:04 #

    Merci Corinne! 🙂

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