Je t’aime, mais après?

29 Août
Jeunes vietnamiennes riant.

(photo: Flickr)

Je t’aime beaucoup.

Avez-vous déjà entendu ces mots? Vous ont-ils transpercé comme une lame? Vous ont-ils fait plier un peu? Vous ont-ils écrasé? Parce que quand on dit « Je t’aime beaucoup », ont dit aussi souvent « Je ne t’aime pas ». « Je t’aime beaucoup, mais… restons amis ». « Je t’aime beaucoup, mais… je n’ai pas de papillons ». Mais je t’aime vraiment beaucoup.

Je t’aime.

J’espère qu’il vous a été donné d’entendre ces mots. De la bouche de votre mère, de votre enfant, de votre meilleur ami, de l’amour de votre vie, ou du moment…Je t’aime. Profondément, sincèrement, sans l’ombre d’un doute. Sans « mais » après…

Et pourtant, on aime de mille et une façons. Pourtant, entre l’amour que l’on voue à son enfant, son ami ou son amoureux, aucune nuance. On aime. Alors que Kim Thuy explique, dans son lumineux livre Ru, qu’en vietnamien, il existe de multiples façons d’aimer:

(…) aimer par goût (thich), aimer sans être amoureux (thu’o’ng), aimer amoureusement (yêu), aimer avec ivresse (), aimer aveuglément (mù quang), aimer par gratitude (tình ngia). Il est donc impossible d’aimer tout court (…)

Le New York Times a récemment publié un fort intéressant article qui s’interroge sur l’influence du langage sur la pensée. On y explique comment le genre dont nous affublons les objets, féminin ou masculin, influence l’image que nous nous faisons d’eux, comment aussi la façon dont nous décrivons l’espace modifie notre perception de celui-ci et de la place que nous y occupons. On avance que votre expérience devant une peinture de Chagall sera différente selon que votre langage possède un mot ou plusieurs pour décrire le bleu.

Alors, voilà, je termine la lecture de cet article, et je me dis que notre manque de vocabulaire explique peut-être notre difficulté à aimer. Que si nous savions mettre des mots précis sur nos sentiments, il serait peut-être plus facile de comprendre ce que l’on ressent. Que nous serions moins confus face à l’amour. Que nous aurions moins peur de nous abandonner à ce sentiment indéfinissable.

Bref, je me demande si les Vietnamiens ne savent pas mieux aimer que nous, les francophones, qui ne savons qu’aimer tout court.

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Une Réponse to “Je t’aime, mais après?”

  1. grenouille verte lundi 30 août 2010 à 11:54 #

    ohhhhhhhhh comme c’est vrai! je t’aime bien aussi c’est triste …..je préfère :je t’aime tout court !!

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