Joyeux bordel

31 Mai

Jeudi dernier, 17h30. Journée moche. La bécane est restée à la maison, je voyage en métro. Mais voilà qu’en entrant dans la station, une voix anonyme annonce que le métro est carrément paralysé pour une durée indéterminée.

Au centre-ville, c’est la cohue sur les trottoirs. Des dames obèses cherchent des taxis, des hommes en complet maugréent sur le trottoir en pianotant sur leur Blackberry, des femmes chancellent sur leurs talons hauts, l’air hagard, de longues files se forment aux arrêts d’autobus, les stations Bixi sont vides, les automobilistes excédés klaxonnent, des groupes discutent aux coins des rues sur les meilleures façons de rentrer à la maison, des étudiants croulent sous leurs sacs à dos. Le bordel.

Mais il n’y a pas de bombe, il n’y a pas de catastrophe, ce n’était pas notre tour, pas cette fois-ci. Nous sommes chanceux, non?

Je marche jusque chez moi. Lentement. En s’éloignant du centre-ville, l’atmosphère s’apaise. Les trottoirs, les rues, les autobus sont toujours bondés, mais sur St-Denis, les piétons ralentissent le pas. Dans les boutiques, on échange les rumeurs en admirant distraitement les nouvelles collections. Aux comptoirs des cafés, les clients rigolent avec les employés.  Aux coins des rues, on attend la lumière verte en zieutant  son prochain.

On croirait que la ville a pris une pause. Obligée de ralentir, elle se prélasse et profite du moment, en prenant le temps de regarder autour d’elle.

Oui, je sais, certains ont mis des heures à rentrer chez eux, des enfants esseulés ont dû attendre leur papa à la garderie, une amie a manqué un cours, Marie-Julie a été faite prisonnière d’un train… Le bordel, je disais.

Mais, personnellement, jeudi dernier, j’ai eu envie de remercier le ciel de vivre dans une ville où le pire qui peut m’arriver c’est de devoir marcher une heure pour rentrer chez moi, en sirotant un cappuccino tout en faisant du lèche-vitrine.

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2 Réponses to “Joyeux bordel”

  1. Marie-Julie Gagnon dimanche 31 mai 2009 à 21:40 #

    Prisonnière d’un train à cause d’une fuite de gaz à la gare Bonaventure. Mais pas de taxi pour venir à notre rescousse because le bordel en question! 😉

    P.S.: Ça me manque tellement de pouvoir me déplacer à pied tout le temps comme avant! Vive la ville!

  2. Soi dimanche 31 mai 2009 à 23:59 #

    Prendre le temps, le ralentir pour en avoir la maîtrise. Rester témoin de cet espace temps qui me permet de contempler le silence.Une époque qui me semble révolue avec les nouvelles technologies.J’ai besoin d’amour, j’envoie 25 courriels et j’ai une réponse à mon manque…

    Votre mot m’a donné le goût de savourer une tranquillité et une douceur de l’esprit qui me permettent d’entendre le silence de ma ville.Elle me parle , difficile de l’entendre car mes sens sont si stimulés. Je marche, je marche et la grâce de mon innocence naturelle ressurgit tel un nouveau-né dans sa pureté lorsque j’aperçois ma nouvelle voisine sur la terrasse du Saint-Élizabeth.

    Merci pour la pause, je crois qu’on va avoir le temps….restons zen..je souhaite une nouvelle mai(t)resse à ma ville qui manque d’amour sans son Blackberry.

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