Pourquoi partir

24 Nov

Route sur l'île de Bali

Route de Bali

Je ne compte plus les fois où l’on m’a posé ce genre de questions…

– Qu’est-ce que t’es allée faire là?
– Veux-tu ben me dire ce qu’il y a à faire là-bas?
– Aye, t’aime ça vivre dans’ misère, hein?
– Il paraît que c’est ben sale, là-bas, as-tu aimé ça pareil?
– Est-ce que c’est un pays chaud au moins?
– As-tu pu te reposer?
– Mais comment ça t’es pas bronzée, il a pas fait beau?
– Et… tu es partie en voyage pourquoi au juste?

Chaque fois, je reste interdite. Je ne sais pas quoi répondre à ce genre de questions. Vous le savez, vous?

Pourquoi est-ce que l’on voyage? Pourquoi aller le plus loin possible le plus longtemps possible (jamais assez)? Pourquoi fuir la frénésie de ma vie pour aller me recueillir dans le silence d’un lever de soleil? Pourquoi ce besoin viscéral de partir, d’aller là où l’on n’est jamais allé, de poser le regard sur un bout de terre jamais vu, d’aller à la rencontre d’inconnus en laissant ceux qui nous aiment derrière (mais que l’on voit si peu, de toute manière, car nous somme tous tellement occupés)? Pourquoi cette fascination pour la différence, pour l’Autre?

Pourquoi est-ce que, couchée dans la chaleur de mon lit douillet, de ma vie, je dois m’aggriper aux draps pour ne pas tout laisser derrière moi et repartir là-bas, dormir seule sur ce lit dur, dans cette chambre infestée de bestioles de toutes sortes?
(Reposée? Certainement!)

Pourquoi est-ce que moi qui ne hais tout de même pas l’hiver, je m’ennuie de ces 40 degrés bien humides qui me tenaient en lavette du matin au soir, cherchant le moindre coin d’ombre où me réfugier?
(eh bien oui, voilà, c’est pour ça que je ne suis pas bronzée. En effet, c’est un pays chaud.)

Pourquoi ce besoin de me déstabiliser toujours, d’aller confronter ma réalité à une autre, de me rappeler qu’il n’y a pas qu’une seule façon de vivre, mais une multitude, que nous avons, que j’ai, toujours le choix?

Peut-être simplement à cause de ceci…

Le voyage est un retour vers l’essentiel.

(proverbe tibétain)

Publicités

9 Réponses to “Pourquoi partir”

  1. Marie-Julie Gagnon mardi 25 novembre 2008 à 13:48 #

    Ben oui, c’est ça. C’est tout simple, mais c’est ça!

  2. Soi mardi 25 novembre 2008 à 17:13 #

    qu’est-ce que l’essentiel?

  3. Paula mardi 25 novembre 2008 à 20:02 #

    L’essentiel?

    C’est rire avec une ribambelles d’enfants, c’est savourer un plat les yeux fermés, c’est connaître le nom des plantes, c’est marcher longtemps, c’est communiquer par signes avec quelqu’un qui ne parle pas ta langue et rigoler avec lui, c’est soigner tes plaies, c’est prendre le temps de regarder, c’est prendre le temps d’écouter, c’est danser pieds nus sur la plage, c’est dire merci, c’est ressentir par toutes les pores de ta peau, c’est dire bonjour aux gens qui te frôlent sur le trottoir, c’est vivre le moment présent, c’est chiffonner une feuille d’arbre et essayer d’en deviner le fruit, c’est attendre, c’est se libérer des étiquettes, c’est s’ouvrir, c’est s’émerveiller.

    L’essentiel, c’est lorsque tu rencontres quelqu’un, et que la première question qu’il te pose n’est pas: « Qu’est-ce que tu fais dans la vie? » mais simplement: « D’où viens-tu? ».

  4. Soi mardi 25 novembre 2008 à 23:01 #

    Et dans ta ville d’où viens-tu?Est-ce que l’essentiel peut se vivre?

  5. Paula mardi 25 novembre 2008 à 23:46 #

    Je viens de chez-moi, je viens de mon enfance qui m’a construite, de mon adolescence qui m’a déconstruite, et de toutes ces années depuis, où je me suis réinventée. J’arrive de très loin, et je m’en vais tout près.

    Quand je serai sage et ridée comme une pomme, peut-être que j’arriverai à retourner à l’essentiel, dans la ville qui m’a vu naître. Cette ville qui me définit et m’étourdit.

    Mais aujourd’hui, j’ai besoin du voyage pour oublier qui je suis afin de mieux me retrouver. Et c’est très bien ainsi.

  6. Soi mercredi 26 novembre 2008 à 00:51 #

    Si je comprend bien, le retour à l’essentiel est un voyage au plus près de soi.Et lorsqu’on est au plus près du plus près, on se sent uni.

    Quelqu’un a dit;  »À force de vouloir devenir, on oublie d’être »

    Où est mon sac à dos?

    Au revoir, je pars au plus près…

  7. Paula mercredi 26 novembre 2008 à 08:44 #

    Bon voyage!

  8. Un asiatique à lunettes jeudi 27 novembre 2008 à 09:05 #

    B’jour miss Paula, content de vous lire, mais le fou du RSS que je suis serait comblé si votre fil était complet. Je sais commencer par une demande, c’est pas poli. Suis pas méchant pour autant.

  9. Paula jeudi 27 novembre 2008 à 23:12 #

    Bonjour, monsieur l’asiatique à lunettes, merci de prendre le temps de me lire et de m’écrire! Vous aimeriez donc avoir le billet complet sur le fil, c’est bien ça? Mais dans ce cas, comment saurais-je que je ne suis pas seule, que vous me lisez, si vous ne venez jamais me visiter? (mais ne vous inquiétez pas, je ne vous trouve ni impoli ni méchant)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :