Archive | octobre, 2008

Sentiment de honte

28 Oct
La honte

La honte

Je ne contrôle plus mes pensées. Elles se sont retournées contre moi et me traitent de tous les noms. Mais qu’ai-je fait? Pourquoi ai-je dit ça? Non mais, j’ai l’air de quoi maintenant? Je leur intime de garder le silence, de me laisser tranquille, je n’ai pas fait exprès, ce n’est pas de ma faute. « Tout est toujours de ta faute ». C’est la guerre dans ma tête. J’ai mal au cœur, mal au ventre. J’ai envie de me rouler en boule et dormir, dormir. Faire taire les pensées et reprendre le contrôle de ma tête.

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Sentiment de vide

25 Oct
Le corps de Frida (Viva la Vida, Frida Kahlo)

Le corps de Frida (Viva la Vida, Frida Kahlo)

Mon corps contient un cœur, un foie, deux poumons, deux reins, beaucoup d’os et quelques muscles, un peu de graisse aussi, j’avoue. Mon corps regorge de sang, mon corps est rempli d’eau. Mon corps est dense, il est compact, même s’il connaît certaines zones de mollesse.  J’ai dix doigts, dix orteils, pas toutes mes dents, mais beaucoup de cheveux. Je suis pleine de moi. Et pourtant, parfois, je sens un vide, là, au milieu. Un grand vide qui aspire tout. C’est physique. La sensation est bien réelle. Seulement, il n’en est rien.

Sentiment d’impuissance

22 Oct

C’était il n’y a pas si longtemps. Mais vous avez oublié, n’est-ce pas?

Bulletin de 22 h. Devant mes yeux, défilent les rares images du Myanmar dévasté par un cyclone. Les visages des Birmans, que j’ai vus si souriants, sont inexpressifs. Les enfants, qui étaient si enjoués, sont immobiles. Les arbres jonchent les rues que j’ai parcourues. Je repense aux villages de maisons sur pilotis, avec leurs planchers de bambous et leurs toits de paille. Les images dans ma tête font écho à celles sur l’écran. Je connais leurs conditions précaires, j’imagine le pire. Je veux faire quelque chose, mais quoi? Leur gouvernement refuse l’aide-humanitaire. Que puis-je, moi, seule à l’autre bout du monde? L’impuissance naît quand le pouvoir brime le vouloir.

Sentiment d’étrangeté

19 Oct

Je ne reconnais rien. Ni la foule qui m’entoure, ni la rue, ni les signes sur les panneaux de signalisation. Je ne sais plus où je suis. Mon cerveau n’arrive plus à assimiler l’information. Mes pas s’arrêtent. Mon corps flotte. Je n’ai pas peur. Je regarde. J’attends. Lentement, les gens retrouvent des traits familiers, le contour des objets se précise, les symboles redeviennent lettres. Je reprends mon chemin.

Faites comme chez vous

16 Oct

Je vais vous délaisser un moment. « Tu es déjà plutôt absente », me direz-vous. Vous avez raison, je m’en excuse. La discipline n’est pas un concept que j’ai pleinement assimilé. Je suis disciplinée par petits coups. J’y travaille, soyez patients.

Sauf que là, je pars pour un certain temps. Mais n’ayez crainte, je vous ai préparé plein de petits billets pour que ce blogue vive en mon absence. Vous croirez que je suis là, derrière mon écran, à vous parler de sentiments. Gardez ça pour vous, mais c’est de la frime. Tout de même, j’espère que ces courts billets vous plairont.

Et vous savez, il y a une chose que je ne comprends pas. On me reproche, toujours – gentiment, mais tout de même – de ne pas écrire souvent. Je suis d’accord (oui, oui, je sais, ça va…), mais à la personne qui me fait cette remarque, je demande : « Tu as lu mes 75 billets? ». « Ah bien, non… ». Je vous demande : « Pourquoi pas? » Si vraiment, vous en voulez plus, pourquoi ne pas explorer les archives ou les tags, là, à gauche?

Pourquoi ne pas commencer par le début?
Ou alors, plonger dans une histoire birmane?
Mais peut-être préférez-vous l’art aux voyages?
À moins que ce soit les rencontres qui vous intéressent?

Je vous en prie, faites comme chez vous, prenez le temps de faire le tour, de feuilleter les livres dans la bibliothèque, d’ouvrir les tiroirs, de fouiller dans le réfrigérateur. Bien sûr, prenez-vous une bière ou un petit verre de rouge! Installez-vous confortablement dans le divan. Je vais revenir bientôt.

Alignement de planètes

14 Oct

En sortant du bureau de vote, un enfant lève la tête vers le ciel et s’exclame:
– Wow, regardez, le ciel est plein de planètes!
Sa petite soeur sautille, scrutant le ciel:
– Où, des planètes? Où? Moi aussi, je veux voir les planètes.
La mère se met de la partie et demande:
– Des planètes, Jules?
– Ben oui, quoi? Des étoiles, c’est des planètes en feu.

En espérant que les planètes soient bien alignées pour les résultats du vote ce soir!

La fin du monde

12 Oct
Moïse ou Le Nucléus (Frida Kahlo)

Moïse ou Le Nucléus (Frida Kahlo)

J’ai rêvé qu’on annonçait la fin du monde.
Mais cette fois, tout le monde y croyait… Moi, je me disais que ça ne pouvait
pas être vrai, la fin du monde, voyons, c’est dans les films, ma mère non plus n’y croyait pas, mais mon père, si. L’appartement était plein à craquer de parents et amis. Les gens couraient dans la rue. Des tanks de l’armée circulaient dans la ruelle derrière chez-moi, et les militaires distribuaient des masques à gaz. Dans la cour, il y avait plusieurs téléphones d’ou les gens pouvaient appeler gratuitement leur famille au loin…
J’essayais d’appeler S* mais il ne répondait pas. Et c’est tout ce qui m’attristait, si c’était vraiment la fin du monde, c’était de ne pas pouvoir lui parler avant…
Ce n’était pas vraiment angoissant, seulement très triste.
Je n’ai jamais su si la fin du monde a eu lieu. Je me suis réveillée avant l’heure…

Bon dimanche matin…

Une ville rouge sang

5 Oct

Je suis assise à la table de cuisine. J’entends le bruit des voitures, les cloches de l’église, les enfants qui jouent dans la ruelle. Ici, point de silence. Ici, les feuilles ne sont pas encore à l’agonie. Mais j’ai vu. Je sais que ce n’est qu’une question de temps pour elles. Pour moi. Pour vous.

C’est pourquoi je me dois d’être présente. C’est pourquoi je me dois d’écrire. J’essaie.