Archive | juin, 2008

Intermède musical

27 Juin

Je me remets lentement du lendemain de veille du lendemain de la veille du sur-lendemain de mon anniversaire… Et pour se libérer du blues de vieillir, rien de mieux que d’écouter ceci :

Vieillir

24 Juin

Vieillir vers un ailleurs

Ne pas savoir ce qui se cache

Derrière les buissons

Leurs branches entremêlées étouffant la lumière

Une terre infertile

Le sable qui recouvre tout

La vie qui ne cherche même plus à éclore

Abandonné, le bourgeon qui refuse de saluer l’été

L’été, l’été…

Il est fini, c’est fini, fini

Tu n’as pas su en profiter

Il t’a oublié

Bonne fête à moi

24 Juin

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Je sais, ça ne s’invente pas de naître un 24 juin au Québec. Partout, on me fait la fête.  Pas de crainte d’être seule le jour de mon anniversaire, je peux fêter avec des milliers de personnes chaque année.  Vous ne pouvez pas imaginer les incroyables soirées que j’ai vécues. Un jour, je vous raconterai.

Mais ce matin, je me suis levée avec un cafard d’enfer.  S* dort encore. Je suis seule dans la cuisine, un chat sur les genoux.  Le temps est gris. Je ne sais que faire de ma journée. La tête me tourne encore un peu. J’en suis à mon deuxième cappuccino, mais rien n’y fait.

Aujourd’hui, nous célébrons un pays qui n’en est pas un. Ce pays, nous l’aimons, mais nous ne sommes pas prêts à porter la lourde responsabilité de cet amour. Aurions-nous peur de l’engagement, nous, le peuple de fêtards insouciants?

Et moi? Suis-je vraiment engagée dans ma propre vie, ou est-ce que je ne me laisse pas simplement porter par elle? Ai-je le contrôle sur quoi que ce soit? Peut-on freiner le temps? Peut-on éloigner à l’infini le mur qui nous attend au bout du chemin? Et quel est-il ce chemin? Je prends l’autoroute à gauche, la route de campagne à droite, ou dois-je aller tout droit, m’enfoncer dans le champ et tracer mon propre chemin? Quelqu’un peut-il me prendre par la main et m’emmener vers mon destin?

Le cafard, je vous dis… Je déteste vieillir.

Vie de quartier

23 Juin

Hier soir, c’était la fête sur la Plaza St-Hubert. Un spectacle réunissant les Porn Flakes, Guy A. Lepage, Paulo, Urbain Desbois et d’autres illustres artistes du passé tel Patrick Bourgeois. Le spectacle a donné lieu à quelques bons moments, mais moi, c’est la foule que j’observais. Il y a quelques années que j’habite ce quartier et je suis toujours fascinée par les gens qu’on y côtoie.  Les jeunes familles granoles, les enfants haïtiens toujours habillés pour un jour de fête, les femmes voilées, les grands-mères dans leurs ensemble en coton ouaté, les vieux monsieurs dans leurs chaises roulantes électriques, les quelques jeunes branchés sur les terrasses, et tout ce beau monde réuni pour un spectacle tout aussi éclectique. Une vieille dame vendait des colliers fluo. Un bandeau à la Olivia Newton-John clignotait à travers ses boucles blanches. Un garçon faisait tourner une mignonne petite fille aux cheveux blonds, dont le rire m’a empli les oreilles de bonheur.  Un vieillard se trémoussait dans sa chaise roulante, un grand sourire plaqué sur le visage. Une femme se baladait, un toutou en forme de serpent autour du cou.  Une autre portait des souliers aux talons hauts vertigineux, et des leggings retenus par des bretelles argentées (ça ne s’invente pas). Un peu en retrait, des enfants se couraient après. Une petite fille aux cheveux tressés de rubans roses tenait dans ses bras un petit lion en tissu usé à la corde. Quelqu’un a renversé une bière. Un autre m’a frôlé d’un peu trop près. Un autre, enfin, m’a souri et m’a souhaité bonne nuit. Bonne nuit à vous. Bonne Saint-Jean.

Noël en juin

22 Juin

Une salle d’attente d’hôpital. 8h du matin. J’attends pour une prise de sang. Rien de grave, un examen de routine, merci de vous inquièter.  La salle est bondée. Ça sent le désinfectant et le café. Je suis assise sur une chaise verte, comme il se doit, droite, et totalement inconfortable. La chaise se trouve dans le corridor, devant une porte menant à des escaliers qu’empruntent de temps en temps des employés, dont une femme grassouillette en collants mauves.  Une femme en chaise roulante passe devant moi, repasse, passe encore…  Je dois encore m’imaginer des trucs, mais je dirais que la dame a tout l’air de prendre une marche! À l’intercom, on appelle les patients un à un.  La plupart des noms sont imprononçables. J’écoute la conversation de mes voisins, qui discutent famille reconstituée, les yeux rivés sur mon livre, mais la tête ailleurs. À côté de moi, une jeune femme enceinte se tortille sur sa chaise. On appelle Lionel Noël. Quelle mère affuble son enfant du prénom Lionel quand le nom de famille est Noël?!?  Un nom, ce n’est pas fait pour rimer, non? C’est pas un peu ridicule, un nom qui rime? Enfin, au bout de plus d’une heure d’attente, c’est mon tour. L’infirmière me plante l’aiguille dans le bras. Un flacon, deux flacons, trois flacons, quatre flacons… Ceci est mon sang.

Pendant ce temps…

16 Juin

Il fallait que j’écrive un premier message pour me sentir mieux, pour revenir. Quand j’ai commencé ce blogue, je m’étais pourtant promis d’y venir quelques fois par semaine, au moins. C’est vrai, je prétendais « à tous les jours », mais je savais bien que je n’y arriverais pas toujours. Mais un si long silence? Ça, jamais. Qu’est-ce qui explique ce silence?

Un gros minet qui se fait couper la queue, une vie sociale mouvementée, le soleil, le temps qui file, les plantes qui poussent, S* qui m’offre un verre sur le balcon, le travail qui prend toute la place, les balades à vélo,  un rhume, une amie qui réclame ma présence…

Il y a tant de raisons de ne pas être ici, devant cet écran, à taper sur le clavier des mots qui ne seront pas lus… ou si peu. J’ai toujours voulu écrire, et je ne l’ai jamais fait… ou si peu… Parce qu’il y a toujours la vie qui passe à côté, qui m’interpelle, qui me fait la cour. Et je flanche. Je ne veux pas observer, je veux plonger. Je ne veux pas regarder, je veux dévorer.

Mais je suis là, je suis revenue. Et je reviendrai, encore et encore.

J’ai honte…

14 Juin

… J’ai l’impression que ça fait un siècle que je ne vous ai pas écrit. Et plus les jours passent, plus j’ai honte de vous laisser en plan, moins j’ose venir vous dire un mot. Alors, voilà. Je suis ici. Je vous dis que je ne vous oublie pas. Je pense à vous souvent, c’est vrai. Mais je suis prise dans un tourbillon, je ne trouve ni le temps ni les mots. Mais je reviendrai. Je ne suis pas loin. Je suis ici. Je suis maintenant. Je pense à vous, et j’ai plein de choses à vous dire.