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Je change de look!

9 Mai

Les rares habitués de ce blogue remarqueront qu’il a changé d’allure. Désolée si de ce fait vous vous sentez égarés, mais moi, c’est dans la mise en page précédente que j’avais peur de me perdre. Trop de longues lignes qui vous faisaient oublier le fil de l’histoire. De plus, j’avais envie d’une entête plus vivante.

Car vous avez peut-être noté aussi que j’accompagne rarement mes textes de photos. C’est que j’ai commencé ce blogue dans un but : écrire. Et que je ne crois pas que les mots ont besoin d’images pour dire ce qu’ils ont à dire. Il y a aussi le fait que pour moi, mes photos sont plus personnelles, plus intimes que mes écrits. Lorsque je vous écris, je peux bien vous raconter n’importe quoi au fond. Tandis qu’une photo ne cache rien. Elle montre tout. Et je ne suis pas prête à cela. Contentez-vous donc pour l’instant de celles qui apparaissent en haut de cette page.

Finalement, je suis comme ça, moi. Le printemps me donne envie de changer de tête, de renouveler ma garde-robe, de redécorer l’appartement, de me sculpter un corps de rêve.

Changer la mise en page de mon blogue demande beaucoup moins d’effort. Et ça me laisse du fric pour aller chez la coiffeuse! Demain, c’est mon tour. Mais vous n’en saurez rien.

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Une histoire birmane (7)

9 Mai

1er et 2 novembre 2007. La lumière du lac Inle n’est à nulle autre pareille. Que ce soit dans la brume matinale, sous l’éclatant soleil de l’après-midi ou à la fin du jour, l’immense étendue d’eau scintille, les pêcheurs glissent sur l’eau tels des ombres chinoises, et au loin, les montagnes se découpent sur le ciel, qu’il soit noir, bleu azur ou violacé. Un labyrinthe de canaux encercle le lac. Villages sur pilotis, jardins flottants, temples, marchés, nous explorons les lieux en pirogue, en vélo, à pied. L’eau est le sol sous les pieds des habitants, et la pirogue, leur moyen de transport. Bien sûr, il y a les légendaires pêcheurs qui dirigent leur embarcation, la jambe enroulée autour de leur pagaie, mais il y a aussi les bambins qui naviguent seuls, les marchands qui déménagent leurs étals d’un marché à l’autre, les femmes Paoh, toutes de noir vêtues et une serviette orange sur la tête, qui s’entassent dans leur bateau. Au marché, nous nous figeons devant la vision troublante d’un jeune moine se baladant avec une mitraillette-jouet. Dans la lumière blafarde d’un atelier, un vieillard extrait la fibre de fleurs de lotus. Au fond d’une boutique, des femmes Padaung, leur long cou cerné d’une spirale de cuivre, tissent près de la fenêtre. Dans un monastère, les bonzes font sauter des chats dans des cerceaux. Le lac Inle, c’est autant d’images gravées dans notre mémoire.

Une histoire birmane (6)

9 Mai

Pendant que la junte continue de refuser l’entrée aux travailleurs humanitaires, je n’ai de cesse de ressasser mes souvenirs de ce pays magnifique et de son peuple si attachant. Parce que si je ne le fais pas, je resterai seule avec mon impuissance rageuse. Et ça, je ne peux pas. Je ne veux pas.

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31 octobre 2007. Au marché de Kengtung, se côtoient de nombreuses ethnies. Chaque personne croisée dans ce dédale bigarré et animé est unique. Il y a la vendeuse de crème glacée et celle de cacahuètes, la grand-mère toute de blanc vêtue avec le petit moine, les femmes accroupies au milieu du marché, la tête enserrée d’un lourd turban noir. Il y a la femme Akha à la lourde coiffe traditionnelle, toute d’argent et de tissus colorés, qui parcourt les allées avec son mari, affublé de son casque de moto. Il y a la Thaïlandaise au chapeau de cow-boy qui pratique le karaoké en tapant des mains derrière son étal de disques compacts. Il y a aussi cette image étonnante d’un moine et d’un militaire faisant leurs emplettes ensemble. Et il y a nous, les seuls touristes dans la ville, qui déambulons dans ce labyrinthe, absorbant couleurs, sons et odeurs, émerveillés d’être là simplement.