Une histoire birmane (3)

6 Mai

25 et 26 octobre 2007. Le vélo est un formidable moyen de transport. Il permet de s’imprégner des lieux, de s’approcher des gens, de participer, un peu du moins, à la vie quotidienne des villages que nous traversons. Entre le monde et nous, aucune barrière. Durant deux jours, nous parcourons les environs de Mrauk U sur nos bolides déglingués. Nous croisons des villageois sur leurs vélos, des bonzes, des femmes transportant des cruches d’eau, des hommes charriant des troncs d’arbres, des jeunes filles sous leurs ombrelles, des oies, des poules, des chiens. Au marché, un homme pansu rigole derrière son comptoir d’épices, alors qu’une vieille femme édentée nous tend ses crevettes. Une dame tisse inlassablement sous sa maison sur pilotis. Partout, des hordes d’enfants, des bébés dans les bras, courent à notre rencontre. Et le son des sonnettes des bicyclettes, les appels, les chants, les oiseaux, les rires. Et les bouts de chou qui nous envoient la main en criant « Bye! Bye! », et les femmes, le visage couvert de thanaka, qui nous sourient. Comme ce peuple est beau!

Mrauk U est un lieu singulier. À croire que Bouddha lui-même a saupoudré ces temples dans la campagne verdoyante. Les stupas s’élancent à travers la végétation tropicale, des statues parfois recouvertes de mousse trônent fièrement au détour d’un sentier. Pieds nus, nous explorons des temples abritant des centaines de bouddhas, bien souvent éclairés seulement par les rares rayons de soleil qui réussissent à se frayer un chemin au travers des étroites ouvertures. Dans un temple où l’on retrouve une imposante dent de Bouddha, une généreuse donatrice a cuisiné le dîner pour les moines et les fidèles. À l’ombre d’une arche de pierre, de vieilles femmes préparent des chiquées de bétel en s’extasiant devant la beauté des hommes. Bonzes et bonzesses croisent notre route, curieux et souriants. Le soir venu, la fumée envahit la campagne, parant l’endroit d’une aura de mystère. Du haut d’une colline, nous admirons le coucher de soleil alors que la pleine lune paraît attendre son tour pour briller. Cette nuit, tout le village lui fera la fête!

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Une Réponse to “Une histoire birmane (3)”

  1. Marie-Julie Gagnon mercredi 7 mai 2008 à 22:22 #

    Du thanaka! C’est donc comme ça que ça s’appelle! Merci, j’ai tellement cherché cette info…

    Tu m’as vraiment emmenée avec toi là-bas… Merci pour ça aussi! 🙂

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