Sport 1 Art 1

4 Mai

Il y a peu, je regrettais le fait que l’art ne touchera jamais les gens autant que le sport, qu’il ne les rassemblera jamais avec autant de force. Mais hier le Canadien a perdu. Et hier aussi, je suis allée voir U2 3D.

Les petits drapeaux ont déjà disparu des bagnoles. Les chandails de hockey sont au fond des tiroirs. La ville est lendemain de veille, et le temps gris et frisquet n’arrange rien. Oui, il y a quelques semaines, toute la ville fêtait la victoire de SON équipe, mais aujourd’hui, c’est un peu honteux d’avoir tant espéré que chacun retourne à ses affaires. Il paraît qu’on peut même s’attendre à une période de déprime.

En ce jour de désillusion, donc, je suis allée voir U2 3D. J’ai touché la main de Bono, essuyé sa sueur. J’ai volé au-dessus de cette marée humaine, m’y suis plongée. J’ai été transportée par l’énergie de cette foule compacte et hurlante, j’ai eu envie de danser et crier avec eux.

J’avais tort. L’art peut toucher autant que le sport. En fait, pas toutes les formes d’art. Je continue de croire et de déplorer que l’art visuel ou la littérature n’aient pas cette force. Mais la musique, oui. Que oui. Et ça me console.

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3 Réponses to “Sport 1 Art 1”

  1. fanette lundi 5 mai 2008 à 04:22 #

    Je pense que l’art touche plus que le sport : pas de la même façon, c’est-à-dire pas tout le monde en même temps, il n’y a pas d’effet communion. Mais au fil des siècles. Ou des années. Mais aussi les siècles.

    Soit ce texte :
    ______
    Point n’avoir pas eu la patience d’attendre un peu de temps, Athéniens, vous allez fournir un prétexte à ceux qui voudront diffamer la république; ils diront que vous avez fait mourir Socrate, cet homme sage; car pour aggraver votre honte, ils m’appelleront sage, quoique je ne le sois point. Mais si vous aviez attendu encore un peu de temps, la chose serait venue d’elle-même; car voyez mon âge; je suis déja bien

    [38d] avançé dans la vie, et tout près de la mort. Je ne dis pas cela pour vous tous, mais seulement pour ceux qui m’ont condamné à mort ; c’est à ceux-là que je veux m’adresser encore. Peut-être pensez-vous que si j’avais cru devoir tout faire et tout dire pour me sauver, je n’y serais point parvenu, faute de savoir trouver des paroles capables de persuader? Non, ce ne, sont pas les paroles qui m’ont manqué, Athéniens, mais l’impudence: je succombe pour n’avoir, pas voulu vous dire les choses que vous aimez tant à entendre; pour n’avoir pas voulu me

    [38e] lamenter, pleurer, et descendre à toutes les bassesses auxquelles on vous a accoutumés. Mais le péril où j’étais ne m’a point paru une raison de rien faire qui fût indigne d’un homme libre, et maintenant encore je ne me repens pas de m’être ainsi défendu; j’aime beaucoup mieux mourir après m’être défendu comme je l’ai fait, que de devoir la vie à une lâche apologie. Ni devant les tribunaux, ni dans les combats, il n’est permis ni à moi ni à aucun autre d’employer toutes sortes de moyens pour éviter la mort. Tout le monde

    [39a] sait qu’à la guerre il serait très-facile de sauver sa vie, en jetant ses armes, et en demandant quartier à ceux qui vous poursuivent; de même, dans tous les dangers, on trouve mille expédients pour éviter la mort, quand on est décidé à tout dire et à tout faire. Eh! ce n’est pas là ce qui est difficile, Athéniens, que d’éviter la mort;

    [39b] mais il l’est beaucoup d’éviter le crime; il court plus vite que la mort. C’est pourquoi, vieux et pesant comme je suis, je me suis laissé atteindre par le plus lent des deux; tandis que le plus agile, le crime, s’est attaché à mes accusateurs, qui ont de la vigueur et de la légèreté. Je m’en vais donc subir la mort à laquelle vous m’avez condamné, et eux l’iniquité et l’infamie à laquelle la vérité les condamne. Pour moi, je m’en tiens à ma peine, et eux à la leur. En effet, peut-être est-ce ainsi que les closes devaient se passer; et, selon moi, tout est pour le mieux.
    ___
    Ce texte (on peut discutez de savoir si c’est de l’art) me mettait les larmes aux yeux quand j’étais élève; eh, bien, toujours ; pourtant il est drôlement vieux !!!
    (Apologie de Socrate de Platon)

    Merci de m’avoir fait réfléchir dès le matin !!!
    Je suis venue sur ton blog grâce au concours de la Fêlée, grâces lui en soit rendues !!!

  2. fanette lundi 5 mai 2008 à 04:23 #

    Oui, attends, à propos du texte que je cite : je ne suis pas la seule à l’avoir apprécié au fil des siècles, c’est que je voulais dire.

  3. Paula lundi 5 mai 2008 à 18:56 #

    Tu as raison, Fanette, la littérature peut toucher les gens, c’est indéniable… C’est une expérience plus intime, voilà tout. Peut-être est-ce mon esprit grégaire qui jalouse le sentiment d’appartenance qui accompagne le sport, tout simplement. 😉

    Merci à la Fêlée de t’avoir entraînée sur mon blogue!

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