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Qu’est-ce qu’un moment? Qu’est-ce que ces petits riens qui, tissés ensemble, forment la trame de nos vies? Qu’est-ce que ces instants que je tente de capturer ici?

Mais je n’y arrive pas, je manque de temps, je m’essouffle, je marche le nez dans mon livre, la tête pleine de pensées inutiles, le regard tourné vers l’intérieur, à l’écoute de mes voix intérieures, esclave de mes névroses, insensible à la caresse du vent.

J’éprouve pourtant un réel bonheur à être ainsi immergée dans un projet plus grand que moi. Il y a une certaine plénitude à se donner toute entière à son travail. Comme le sculpteur, les deux mains dans la glaise, ou l’écrivain, plongé dans son manuscrit.

Mais je sais que pendant ce temps, autour de moi, la vie continue. Et je passe à côté de tous ces petits moments.

Je reviens bientôt.

Me revoici qui m’excuse une fois de plus d’avoir été silencieuse cette semaine.

Et pourtant, ce n’est pas faute de ne pas avoir écrit, au contraire. Je suis plongée dans mon journal de voyage, que je retranscris, peaufine, réécris. Comment traduire avec des mots ce qui se vit avant tout? Je cherche le mot juste, la bonne tournure de phrase, j’élimine le superflu, tente de faire ressurgir l’essentiel, sans en aseptiser le sens. J’imaginais que cela serait une partie de plaisir, eh bien non, c’est source de frustrations, doutes et maux de tête. Le sentiment de ne pas être à la hauteur de ce que j’ai vécu.

Je retourne donc à mon carnet, et vous laisse sur ces images du film Baraka. Cet endroit magnifique est le temple Gunung Kawi, à Ubud (oui, la petite ville de Mange, prie, aime), sur l’île de Bali. Et vous voyez là de la danse Kecak. J’ai assisté à un tel spectacle au cœur d’un jardin luxuriant, sous une pluie diluvienne. C’est absolument fascinant.

Vous le sauriez, vous, trouver les mots pour décrire cela?

J’écoute cette chanson en boucle depuis que je suis levée.

Les envolées, les paroles, tout vient me chercher aujourd’hui…

Bon dimanche!

“Butterflies And Hurricanes”

change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights, battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead

best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now

change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights and battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead

best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now

don’t,
let yourself down
don’t let yourself go
your last chance has arrived

best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now

Un clip mignon comme tout! Si la vie pouvait être comme ça…

Je déteste le sentiment d’impuissance.  Je déteste aussi vous laisser sur des billets déprimants. Alors, je cherche des façons de rendre le monde meilleur. Il doit bien y avoir des petites choses que nous pouvons faire, non?

Le groupe Improv Everywhere apporte sa contribution de manière fort originale. Vous avez vu la scène où la foule se fige à Grand Central, à New York? Ou alors cette autre scène digne d’une comédie musicale dans un centre commercial? C’est eux.

Leur dernière mission a consisté à accueillir des inconnus à l’aéroport JFK. Avec banderoles, fleurs et ballons. Je ne sais pourquoi cette vidéo m’émeut autant.  C’est de voir l’air ahuri des voyageurs, qui au début refusent toute cette attention. “It’s not me”, “I don’t know you”. Presque craintifs, sur la défensive (ce que nous sommes fermés, à force de nous méfier de tout le monde). Puis de voir un sourire timide lentement se former sur leur visage lorsqu’ils comprennent qu’on ne veut pas les arnaquer, on ne veut pas rire d’eux, on veut simplement leur offrir un moment de bonheur. Et alors comme  ils  s’illuminent enfin! C’est très beau.

D’accord, vous me direz que ceci est un peu extrême, j’en conviens. Mais combien de fois ai-je laissé un ami se débrouiller seul à son retour? Combien de fois n’ai-je fait aucun cas d’un départ ou d’une arrivée? Il est parti? Bah, il reviendra. Il est revenu? Ouais, bon, je suis très occupée, on se verra plus tard.

La prochaine  fois qu’un de mes proches reviendra, j’irai l’accueillir à l’aéroport, peu importe l’heure et le jour. Je serai là. Et j’aurai une attention particulière, des fleurs pour la copine tristounette, un foulard pour celle qui revient en plein hiver, un café chaud pour celui qui a beaucoup bourlingué.  Parce qu’ils sont importants dans ma vie.  Et que si des  joyeux drilles accueillent des inconnus à l’aéroport, je serais bien idiote de ne pas accueillir ceux que j’aime.

Il devrait toujours y avoir quelqu’un pour t’accueillir à ton retour.

Je me suis réveillée avec cette chanson dans la tête ce matin.  Il y avait si longtemps que je ne l’avais entendue…  Et pourtant, il n’y a pas de plus belle chanson d’amour que celle-ci. Comment avais-je pu l’oublier…

Écoutez bien…

Je me suis glissée au milieu d’une mer de 35 000 personnes pour assister au spectacle de Radiohead au parc jean Drapeau. J’ai été touchée, soulevée, remuée. J’ai chanté, j’ai dansé, j’ai ri, je n’ai pas pleuré mais presque.
Les deux pieds dans la boue, j’ai laissé mon corps ondoyer au rythme de la musique, doucement. La voix de Thom York me berce et me recentre, si cela est possible.

À côté de moi, un jeune homme et une jeune femme, le frère et la soeur, je crois. Ils sont beaux. Et ils dansent comme des déchaînés. Lui saute sur place à une vitesse folle, elle agite ses poings dans les airs comme si elle se livrait à un combat de boxe avec les nuages. Mon corps, lui, ondule lentement. Je m’arrête. J’essaie d’entendre leur rythme. J’essaie d’aller au-delà de la voix hypnotisante de Thom York pour écouter la basse. Non, elle est chaude, langoureuse. La batterie? Non, je ne crois pas… J’ai beau me concentrer sur la musique, chercher le rythme endiablé qui fait danser mes voisins, je ne trouve pas. Mais peu importe. Ils se regardent en riant, se serrent dans les bras l’un de l’autre, ils ont l’air tellement heureux. Tellement purs. Peut-être est-ce ce bonheur si grand qui les fait vibrer ainsi.  J’aurais envie de lever les poings au ciel moi aussi. Je tends l’oreille. Au loin, un bruissement se fait entendre. Il se rapproche. L’entendez-vous?

Je me remets lentement du lendemain de veille du lendemain de la veille du sur-lendemain de mon anniversaire… Et pour se libérer du blues de vieillir, rien de mieux que d’écouter ceci :

Pardonnez-moi, je sais, j’ai peut-être été un peu lourde ces derniers temps. C’est que tous les malheurs qui frappent l’Asie me troublent tant… Mais aujourd’hui, je me suis dit « C’est assez, trouvons un sujet léger ». J’ai cherché très fort. Je ne trouvais rien. Mon esprit s’est mis à divaguer. Léger comme une bulle? Oui, une bulle!

Et c’est ainsi qu’est revenu à ma mémoire Pépin la Bulle. Je vous ai déniché un petit trésor. Il y est question de légèreté et de bonheur.

Clapoti, l’hippopotame, triste d’être trop gros pour se coucher dans un hamac :

- Alors, je n’aurai jamais l’air heureux comme toi?

Bamao, le singe:

- Je crains que non. À moins que tu ne cherches ton bonheur dans des plaisirs qui sont à ta portée.

Clapoti, enfin couché dans son hamac :

- S.V.P., ne troublez pas mon bonheur. Laissez-moi continuer à ne penser à rien.

J’essaie, Clapoti. J’essaie.

Vous connaissez le “latte art”? Je viens de le découvrir. D’accord, ce n’est pas du grand art, mais c’est tout mignon. Comme quoi l’art est partout, même dans une tasse de café. Il faut simplement savoir regarder.

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