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Me revoici qui m’excuse une fois de plus d’avoir été silencieuse cette semaine.
Et pourtant, ce n’est pas faute de ne pas avoir écrit, au contraire. Je suis plongée dans mon journal de voyage, que je retranscris, peaufine, réécris. Comment traduire avec des mots ce qui se vit avant tout? Je cherche le mot juste, la bonne tournure de phrase, j’élimine le superflu, tente de faire ressurgir l’essentiel, sans en aseptiser le sens. J’imaginais que cela serait une partie de plaisir, eh bien non, c’est source de frustrations, doutes et maux de tête. Le sentiment de ne pas être à la hauteur de ce que j’ai vécu.
Je retourne donc à mon carnet, et vous laisse sur ces images du film Baraka. Cet endroit magnifique est le temple Gunung Kawi, à Ubud (oui, la petite ville de Mange, prie, aime), sur l’île de Bali. Et vous voyez là de la danse Kecak. J’ai assisté à un tel spectacle au cœur d’un jardin luxuriant, sous une pluie diluvienne. C’est absolument fascinant.
Vous le sauriez, vous, trouver les mots pour décrire cela?
J’écoute cette chanson en boucle depuis que je suis levée.
Les envolées, les paroles, tout vient me chercher aujourd’hui…
Bon dimanche!
“Butterflies And Hurricanes”
change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights, battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead
best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now
change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights and battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead
best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now
don’t,
let yourself down
don’t let yourself go
your last chance has arrived
best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now
Je me suis réveillée avec cette chanson dans la tête ce matin. Il y avait si longtemps que je ne l’avais entendue… Et pourtant, il n’y a pas de plus belle chanson d’amour que celle-ci. Comment avais-je pu l’oublier…
Écoutez bien…
Je me suis glissée au milieu d’une mer de 35 000 personnes pour assister au spectacle de Radiohead au parc jean Drapeau. J’ai été touchée, soulevée, remuée. J’ai chanté, j’ai dansé, j’ai ri, je n’ai pas pleuré mais presque.
Les deux pieds dans la boue, j’ai laissé mon corps ondoyer au rythme de la musique, doucement. La voix de Thom York me berce et me recentre, si cela est possible.
À côté de moi, un jeune homme et une jeune femme, le frère et la soeur, je crois. Ils sont beaux. Et ils dansent comme des déchaînés. Lui saute sur place à une vitesse folle, elle agite ses poings dans les airs comme si elle se livrait à un combat de boxe avec les nuages. Mon corps, lui, ondule lentement. Je m’arrête. J’essaie d’entendre leur rythme. J’essaie d’aller au-delà de la voix hypnotisante de Thom York pour écouter la basse. Non, elle est chaude, langoureuse. La batterie? Non, je ne crois pas… J’ai beau me concentrer sur la musique, chercher le rythme endiablé qui fait danser mes voisins, je ne trouve pas. Mais peu importe. Ils se regardent en riant, se serrent dans les bras l’un de l’autre, ils ont l’air tellement heureux. Tellement purs. Peut-être est-ce ce bonheur si grand qui les fait vibrer ainsi. J’aurais envie de lever les poings au ciel moi aussi. Je tends l’oreille. Au loin, un bruissement se fait entendre. Il se rapproche. L’entendez-vous?
Je me remets lentement du lendemain de veille du lendemain de la veille du sur-lendemain de mon anniversaire… Et pour se libérer du blues de vieillir, rien de mieux que d’écouter ceci :
Vous seriez-vous arrêter? Auriez-vous pris le temps d’écouter? Auriez-vous su reconnaître la beauté?
Parmi ces 1097 personnes, auriez-vous été l’une des 27 personnes qui ont donné au musicien? Un petit 25 sous et voilà la bonne action de la journée. Auriez-vous pris le temps de vous arrêter avant d’aller au boulot pour recevoir ce cadeau qui vous était offert, comme l’ont fait 7 personnes? 7 personnes. Sur 1097. Un des plus grands violonistes au monde et seulement 7 personnes pour le reconnaître.
Me serais-je arrêter? Est-ce que j’aurais su reconnaître la beauté? J’aimerais croire que oui. Je veux croire que oui. Je ne sais pas. Ce que je sais c’est qu’au prochain musicien que je croise dans le métro, je vais prendre le temps. Je vais ralentir mes pas, je vais fermer les yeux, et je vais écouter. Vraiment. Je vais me laisser toucher. Et si on m’offre des perles avant le déjeuner, je vais dire merci.
Cette chanson me donne envie de pleurer, de sourire, de faire l’amour, de danser sous la pluie, de partir sur le champ pour le bout du monde.
Et le vidéo est aussi beau qu’une toile de Magritte: http://www.youtube.com/watch?v=H71Fv3PcQQY
Merci Rufus.

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