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J’ai le mal de l’ailleurs.  Envie de m’envoler, de partir à la découverte d’un autre monde, de marcher toute la journée les yeux grands ouverts. Je souffre du mal de l’ailleurs comme d’autres souffrent du mal du pays. Ça me prend aux tripes, soudainement. Ça fait mal. Physiquement, mal. Un vide dans le ventre qui aspire tout. Le cœur qui bat vite, des fourmis dans les jambes, mal à la tête. J’ai soif.

L’idée m’obsède depuis quelques jours, je ne pense plus qu’à ça, le prochain voyage. Et pourtant, il risque de ne pas être avant un an, peut-être deux. Je dois me raisonner.

J’ai essayé de calmer ce besoin pressant d’ailleurs en me plongeant dans le livre La frousse autour du monde de Bruno Blanchet. Dans son dernier billet, il écrit :

« L’aventure est une porte qui s’ouvre par en-dedans.Le reste dépend de vous. Ça peut se passer à Bombay, à Brossard ou dans la prison de Tanguay. L’aventure débute avec la fin de la peur : de la peur de rire quand on doit se taire; de la peur de fuir quand on doit plaire; de la peur d’être nu, ridicule et vulnérable, mort; de la peur de se tromper; de la peur d’échouer. »

J’essaie de me concentrer sur mes peurs. Si je dois y mettre fin pour vivre l’aventure tous les jours, alors aussi bien les identifier dès que possible. Quelles sont ces peurs qui se terrent au fond de moi?

Et vous, qu’est-ce qui vous fait peur? Qu’est-ce qui vous empêche de vivre?

Et, Bruno, si l’aventure est dans la tête, pourquoi est-il toujours ailleurs?

Moi, j’ai peur de passer à côté de ma vie.

www.photos-libres.fr)
Le temps d’une goutte d’eau (photo: www.photo-libre.fr)

Je croyais être guérie. Être revenue totalement et entièrement. Avoir réintégré ma vie, mon corps, avoir étanché ma soif d’absolu. Jusqu’au prochain voyage.

Mais ce matin, j’ai reçu un courriel d’un voyageur rencontré en Indonésie. Il est encore à Bali, et nous parle du vert des rizières, du bruit des grillons et de la musique du gamelan. Je le lis et je revois les sourires et la chaleur paisible des Indonésiens. Je goûte les plats épicés, je nage dans la mer en admirant les coraux, je retiens mon souffle sur les routes tortueuses.

Il m’a ramenée là-bas avec lui. Maintenant, il continue sa route en Inde et au Népal. Moi, je reste ici. Et je refais le deuil. Encore une fois.

Puis, je lis cet extrait d’entrevue avec Bruno Blanchet sur le blogue de Marie-Julie, et je me raisonne. « Si t’es pas allé en Inde, t’es juste pas allé en Inde ».

Je suis juste pas allée en Inde. Pas encore. Ça viendra.

Mon ami a raison. Il est bon de vivre.

Ici. Maintenant.

Je m’accroche.

Pardonnez-moi, je sais, j’ai peut-être été un peu lourde ces derniers temps. C’est que tous les malheurs qui frappent l’Asie me troublent tant… Mais aujourd’hui, je me suis dit « C’est assez, trouvons un sujet léger ». J’ai cherché très fort. Je ne trouvais rien. Mon esprit s’est mis à divaguer. Léger comme une bulle? Oui, une bulle!

Et c’est ainsi qu’est revenu à ma mémoire Pépin la Bulle. Je vous ai déniché un petit trésor. Il y est question de légèreté et de bonheur.

Clapoti, l’hippopotame, triste d’être trop gros pour se coucher dans un hamac :

- Alors, je n’aurai jamais l’air heureux comme toi?

Bamao, le singe:

- Je crains que non. À moins que tu ne cherches ton bonheur dans des plaisirs qui sont à ta portée.

Clapoti, enfin couché dans son hamac :

- S.V.P., ne troublez pas mon bonheur. Laissez-moi continuer à ne penser à rien.

J’essaie, Clapoti. J’essaie.

Marie-Julie, qui tient l’excellent blogue Taxi-brousse, s’esclaffait il y a peu qu’un internaute ait trouvé son blogue en recherchant “une urinette flexible”.

Eh bien, Marie-Julie, moi, c’est en cherchant “des grosses filles en caleçons” qu’on m’a trouvée!

Je tiens à préciser deux choses:

1. Je ne suis PAS grosse.

2. Je ne porte pas de caleçons, moi. Je porte des bobettes, qu’on se le tienne pour dit.

Non mais…

Sérieusement, j’imagine que l’internaute a dû aboutir sur ce billet. J’espère qu’il n’a pas été trop déçu. ;-)

- As-tu vu l’Homme avec une grand H qui vient de passer?

- Ben non, j’te l’ai dit que j’avais besoin d’un mojito. J’vois pas clair!

- C’tu le lifeguard, lui?

- Pourquoi, as-tu soudainement envie de te noyer?

Si ma vie vous intéresse

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