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Parfois, on tombe sur un blogue, et on se dit “Comme c’est sympathique!”, on l’ajoute à sa blogoliste, on se dit qu’on va y revenir. Puis, on oublie. On y retourne mollement, parfois, par un dimanche pluvieux, on le lit distraitement, en se disant qu’il faudrait y revenir plus souvent. C’est tout de même très sympa. Puis, on oublie.
Il y a dans les liens que vous retrouvez à droite, des blogues que je visite régulièrement. Taxi-Brousse, L’hiver @ Khartoum (il est revenu!), Les eaux troubles, et bien d’autres.
Il y en a un que je viens d’ajouter à la liste. Je suis peut-être en retard, mais je viens de découvrir sa présence dans la blogosphère. Le bédéiste Guy Delisle à Jérusalem. J’ai commencé par les plus récents billets. Maintenant, je le lis méthodiquement, à rebourd.
C’est tellement beau, tellement sensible. Parfois, l’actualité s’y glisse, comment faire autrement. Mais la plupart du temps, c’est en simple observateur du quotidien que Guy Delisle nous raconte le monde qui l’entoure. Et quel regard.
Allez voir, il est à Jérusalem jusqu’à la fin de l’été seulement, je crois.
Une nouvelle fidèle lectrice
J’écoute cette chanson en boucle depuis que je suis levée.
Les envolées, les paroles, tout vient me chercher aujourd’hui…
Bon dimanche!
“Butterflies And Hurricanes”
change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights, battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead
best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now
change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights and battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead
best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now
don’t,
let yourself down
don’t let yourself go
your last chance has arrived
best,
you’ve got to be the best
you’ve got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now
Je me suis réveillée avec cette chanson dans la tête ce matin. Il y avait si longtemps que je ne l’avais entendue… Et pourtant, il n’y a pas de plus belle chanson d’amour que celle-ci. Comment avais-je pu l’oublier…
Écoutez bien…
Sur la scène, des hommes jeunes, beaux, charmants. Des acteurs de talent. Une belle brochette, comme dirait mon ami P*. Pourtant, je ne les vois pas. Car, parmi eux, il y a Michel Dumont. Acteur imposant, au charisme lumineux.
Je suis assise dans la salle Jean-Duceppe de la Place-des-Arts, parmi des centaines de personnes, et je ressens intensément sa présence, comme s’il n’y avait que lui, comme s’il était tout près. Sur la scène, il éclipse tous les autres. Sa voix résonne sur les murs du théâtre, son corps, droit, solide, semble remplir tout l’espace.
Je suis subjuguée. Peu importe la jeunesse triomphante des hommes qui l’entourent, je ne le quitte pas des yeux, si ce n’est pour admirer le jeu et la grâce de la sublime Monique Miller.
Je ne sais comment expliquer ce sentiment que m’inspirait Philippe Noiret, et que m’inspire Michel Dumont. Je ne sais même pas le nommer. Ce n’est ni de l’amour, ni du désir, plus qu’une simple fascination ou de l’admiration… je ne trouve pas le mot.
Je sais seulement qu’en les regardant jouer, qu’en écoutant le timbre envoûtant de leur voix, je reprends confiance en l’humanité, je renoue avec l’émotion, je rentre en moi.
Je devrais aller au théâtre plus souvent.
Je suis assise à la table de cuisine. J’entends le bruit des voitures, les cloches de l’église, les enfants qui jouent dans la ruelle. Ici, point de silence. Ici, les feuilles ne sont pas encore à l’agonie. Mais j’ai vu. Je sais que ce n’est qu’une question de temps pour elles. Pour moi. Pour vous.
C’est pourquoi je me dois d’être présente. C’est pourquoi je me dois d’écrire. J’essaie.


(image : Corbis)
Je suis assise sur le balcon. À mes pieds, le chemin s’enroule autour de la montagne et disparaît dans la forêt. Au loin, je vois le lac. Une île, parfaitement ronde, semble flotter en plein milieu. Le temps est brumeux, l’air est doux. Le silence m’entoure, seulement troublé par le passage de volées d’oiseaux fuyant l’hiver à venir, et les éclats de rire qui me proviennent parfois de l’intérieur du chalet. Je me donne enfin le droit de ralentir.
Journée grise qui incite à la paresse, il est vrai. Et je me laisserais certainement glisser dans une léthargie bienfaitrice, si ce n’était des arbres. Ils m’agressent et me ravissent. C’est l’intensité des couleurs. C’est l’éphémère. Cela exige de moi d’être entièrement disponible, totalement vivante. Présente.
Je suis en train d’assister à l’agonie de millions de feuilles.
Entendez-vous les râles qui s’élèvent de la forêt lorsque souffle le vent ? La voyez-vous, la danse funèbre des feuilles qui se balancent au bout de leur branche jusqu’à ce qu’elles tombent au sol, vaincues?
Je me dois de regarder. Je me dois de rester assise ici, sur le balcon, et de ne pas détourner le regard. Devant les arbres, il est vrai que je suis bien peu de choses. Je serai immobile, et je contemplerai la mort flamboyante de la forêt.
Bientôt, les feuilles mourront et retourneront à la terre. Le sol exhalera le parfum de leur décomposition. Je me mettrai debout. J’irai marcher dans la forêt. Et alors, je lèverai les yeux vers le ciel, et je verrai les branches nues dessiner à grands traits le visage de ma solitude.
Je me suis glissée au milieu d’une mer de 35 000 personnes pour assister au spectacle de Radiohead au parc jean Drapeau. J’ai été touchée, soulevée, remuée. J’ai chanté, j’ai dansé, j’ai ri, je n’ai pas pleuré mais presque.
Les deux pieds dans la boue, j’ai laissé mon corps ondoyer au rythme de la musique, doucement. La voix de Thom York me berce et me recentre, si cela est possible.
À côté de moi, un jeune homme et une jeune femme, le frère et la soeur, je crois. Ils sont beaux. Et ils dansent comme des déchaînés. Lui saute sur place à une vitesse folle, elle agite ses poings dans les airs comme si elle se livrait à un combat de boxe avec les nuages. Mon corps, lui, ondule lentement. Je m’arrête. J’essaie d’entendre leur rythme. J’essaie d’aller au-delà de la voix hypnotisante de Thom York pour écouter la basse. Non, elle est chaude, langoureuse. La batterie? Non, je ne crois pas… J’ai beau me concentrer sur la musique, chercher le rythme endiablé qui fait danser mes voisins, je ne trouve pas. Mais peu importe. Ils se regardent en riant, se serrent dans les bras l’un de l’autre, ils ont l’air tellement heureux. Tellement purs. Peut-être est-ce ce bonheur si grand qui les fait vibrer ainsi. J’aurais envie de lever les poings au ciel moi aussi. Je tends l’oreille. Au loin, un bruissement se fait entendre. Il se rapproche. L’entendez-vous?
Je me remets lentement du lendemain de veille du lendemain de la veille du sur-lendemain de mon anniversaire… Et pour se libérer du blues de vieillir, rien de mieux que d’écouter ceci :
Il y a peu, je regrettais le fait que l’art ne touchera jamais les gens autant que le sport, qu’il ne les rassemblera jamais avec autant de force. Mais hier le Canadien a perdu. Et hier aussi, je suis allée voir U2 3D.
Les petits drapeaux ont déjà disparu des bagnoles. Les chandails de hockey sont au fond des tiroirs. La ville est lendemain de veille, et le temps gris et frisquet n’arrange rien. Oui, il y a quelques semaines, toute la ville fêtait la victoire de SON équipe, mais aujourd’hui, c’est un peu honteux d’avoir tant espéré que chacun retourne à ses affaires. Il paraît qu’on peut même s’attendre à une période de déprime.
En ce jour de désillusion, donc, je suis allée voir U2 3D. J’ai touché la main de Bono, essuyé sa sueur. J’ai volé au-dessus de cette marée humaine, m’y suis plongée. J’ai été transportée par l’énergie de cette foule compacte et hurlante, j’ai eu envie de danser et crier avec eux.
J’avais tort. L’art peut toucher autant que le sport. En fait, pas toutes les formes d’art. Je continue de croire et de déplorer que l’art visuel ou la littérature n’aient pas cette force. Mais la musique, oui. Que oui. Et ça me console.
Vous connaissez le “latte art”? Je viens de le découvrir. D’accord, ce n’est pas du grand art, mais c’est tout mignon. Comme quoi l’art est partout, même dans une tasse de café. Il faut simplement savoir regarder.

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