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Qu’est-ce qu’un moment? Qu’est-ce que ces petits riens qui, tissés ensemble, forment la trame de nos vies? Qu’est-ce que ces instants que je tente de capturer ici?

Mais je n’y arrive pas, je manque de temps, je m’essouffle, je marche le nez dans mon livre, la tête pleine de pensées inutiles, le regard tourné vers l’intérieur, à l’écoute de mes voix intérieures, esclave de mes névroses, insensible à la caresse du vent.

J’éprouve pourtant un réel bonheur à être ainsi immergée dans un projet plus grand que moi. Il y a une certaine plénitude à se donner toute entière à son travail. Comme le sculpteur, les deux mains dans la glaise, ou l’écrivain, plongé dans son manuscrit.

Mais je sais que pendant ce temps, autour de moi, la vie continue. Et je passe à côté de tous ces petits moments.

Je reviens bientôt.

Parfois, on tombe sur un blogue, et on se dit  “Comme c’est sympathique!”, on l’ajoute à sa blogoliste, on se dit qu’on va y revenir.  Puis, on oublie. On y retourne mollement, parfois, par un dimanche pluvieux, on le lit distraitement, en se disant qu’il faudrait y revenir plus souvent. C’est tout de même très sympa. Puis, on oublie.

Il y a dans les liens que vous retrouvez à droite, des blogues que je visite régulièrement. Taxi-Brousse, L’hiver @ Khartoum (il est revenu!), Les eaux troubles, et bien d’autres.

Il y en a un que je viens d’ajouter à la liste. Je suis peut-être en retard, mais je viens de découvrir sa présence dans la blogosphère. Le bédéiste Guy Delisle à Jérusalem.  J’ai commencé par les plus récents billets. Maintenant, je le lis méthodiquement, à rebourd.

C’est tellement beau, tellement sensible. Parfois, l’actualité s’y glisse, comment faire autrement. Mais la plupart du temps, c’est en simple observateur du quotidien que Guy Delisle nous raconte le monde qui l’entoure.  Et quel regard.

Allez voir, il est à Jérusalem jusqu’à la fin de l’été seulement, je crois.

Une nouvelle fidèle lectrice

Il m’a fait pleurer ce matin avec son chant triste

Pour Noël, je vous offre ce conte écrit il y a longtemps.  Avoir le temps, je l’aurais peaufiné pour vous, mais il me reste des cadeaux à emballer.  Alors, je vous l’offre tel quel, avec les défauts de sa jeunesse.  J’espère qu’il saura vous divertir à défaut de vous éblouir.

Joyeux Noël!

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Comptes de Noël

Planté devant le miroir, Louis-Paul ajustait son costume de lin anthracite, tout frais sorti de chez le nettoyeur. Malgré ses vingt ans d’existence, le complet était toujours impeccable. Ah ! La qualité des tailleurs italiens. Louis-Paul resserra un peu la cravate de soie rouge qu’il avait acheté pour l’occasion. Une folie qu’il pouvait bien se permettre ! Il sourit à sa réflexion.

Sa vie allait changer. Il redeviendrait un homme respectable. Il l’avait été jadis. Il commençait alors une prometteuse carrière d’avocat. Ambitieux, il visait le sommet. Les seules crêtes qu’il avait atteintes avaient été celles des neiges éternelles.

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Un clip mignon comme tout! Si la vie pouvait être comme ça…

Je déteste le sentiment d’impuissance.  Je déteste aussi vous laisser sur des billets déprimants. Alors, je cherche des façons de rendre le monde meilleur. Il doit bien y avoir des petites choses que nous pouvons faire, non?

Le groupe Improv Everywhere apporte sa contribution de manière fort originale. Vous avez vu la scène où la foule se fige à Grand Central, à New York? Ou alors cette autre scène digne d’une comédie musicale dans un centre commercial? C’est eux.

Leur dernière mission a consisté à accueillir des inconnus à l’aéroport JFK. Avec banderoles, fleurs et ballons. Je ne sais pourquoi cette vidéo m’émeut autant.  C’est de voir l’air ahuri des voyageurs, qui au début refusent toute cette attention. “It’s not me”, “I don’t know you”. Presque craintifs, sur la défensive (ce que nous sommes fermés, à force de nous méfier de tout le monde). Puis de voir un sourire timide lentement se former sur leur visage lorsqu’ils comprennent qu’on ne veut pas les arnaquer, on ne veut pas rire d’eux, on veut simplement leur offrir un moment de bonheur. Et alors comme  ils  s’illuminent enfin! C’est très beau.

D’accord, vous me direz que ceci est un peu extrême, j’en conviens. Mais combien de fois ai-je laissé un ami se débrouiller seul à son retour? Combien de fois n’ai-je fait aucun cas d’un départ ou d’une arrivée? Il est parti? Bah, il reviendra. Il est revenu? Ouais, bon, je suis très occupée, on se verra plus tard.

La prochaine  fois qu’un de mes proches reviendra, j’irai l’accueillir à l’aéroport, peu importe l’heure et le jour. Je serai là. Et j’aurai une attention particulière, des fleurs pour la copine tristounette, un foulard pour celle qui revient en plein hiver, un café chaud pour celui qui a beaucoup bourlingué.  Parce qu’ils sont importants dans ma vie.  Et que si des  joyeux drilles accueillent des inconnus à l’aéroport, je serais bien idiote de ne pas accueillir ceux que j’aime.

Il devrait toujours y avoir quelqu’un pour t’accueillir à ton retour.

Que j’aime lire Foglia quand il écrit ainsi! Que j’aime Foglia. Point.

Moïse ou Le Nucléus (Frida Kahlo)

Moïse ou Le Nucléus (Frida Kahlo)

J’ai rêvé qu’on annonçait la fin du monde.
Mais cette fois, tout le monde y croyait… Moi, je me disais que ça ne pouvait
pas être vrai, la fin du monde, voyons, c’est dans les films, ma mère non plus n’y croyait pas, mais mon père, si. L’appartement était plein à craquer de parents et amis. Les gens couraient dans la rue. Des tanks de l’armée circulaient dans la ruelle derrière chez-moi, et les militaires distribuaient des masques à gaz. Dans la cour, il y avait plusieurs téléphones d’ou les gens pouvaient appeler gratuitement leur famille au loin…
J’essayais d’appeler S* mais il ne répondait pas. Et c’est tout ce qui m’attristait, si c’était vraiment la fin du monde, c’était de ne pas pouvoir lui parler avant…
Ce n’était pas vraiment angoissant, seulement très triste.
Je n’ai jamais su si la fin du monde a eu lieu. Je me suis réveillée avant l’heure…

Bon dimanche matin…

Je me remets lentement du lendemain de veille du lendemain de la veille du sur-lendemain de mon anniversaire… Et pour se libérer du blues de vieillir, rien de mieux que d’écouter ceci :

Pardonnez-moi, je sais, j’ai peut-être été un peu lourde ces derniers temps. C’est que tous les malheurs qui frappent l’Asie me troublent tant… Mais aujourd’hui, je me suis dit « C’est assez, trouvons un sujet léger ». J’ai cherché très fort. Je ne trouvais rien. Mon esprit s’est mis à divaguer. Léger comme une bulle? Oui, une bulle!

Et c’est ainsi qu’est revenu à ma mémoire Pépin la Bulle. Je vous ai déniché un petit trésor. Il y est question de légèreté et de bonheur.

Clapoti, l’hippopotame, triste d’être trop gros pour se coucher dans un hamac :

- Alors, je n’aurai jamais l’air heureux comme toi?

Bamao, le singe:

- Je crains que non. À moins que tu ne cherches ton bonheur dans des plaisirs qui sont à ta portée.

Clapoti, enfin couché dans son hamac :

- S.V.P., ne troublez pas mon bonheur. Laissez-moi continuer à ne penser à rien.

J’essaie, Clapoti. J’essaie.

Si ma vie vous intéresse

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