Sur la scène, des hommes jeunes, beaux, charmants. Des acteurs de talent. Une belle brochette, comme dirait mon ami P*. Pourtant, je ne les vois pas. Car, parmi eux, il y a Michel Dumont. Acteur imposant, au charisme lumineux.
Je suis assise dans la salle Jean-Duceppe de la Place-des-Arts, parmi des centaines de personnes, et je ressens intensément sa présence, comme s’il n’y avait que lui, comme s’il était tout près. Sur la scène, il éclipse tous les autres. Sa voix résonne sur les murs du théâtre, son corps, droit, solide, semble remplir tout l’espace.
Je suis subjuguée. Peu importe la jeunesse triomphante des hommes qui l’entourent, je ne le quitte pas des yeux, si ce n’est pour admirer le jeu et la grâce de la sublime Monique Miller.

Je ne sais comment expliquer ce sentiment que m’inspirait Philippe Noiret, et que m’inspire Michel Dumont. Je ne sais même pas le nommer. Ce n’est ni de l’amour, ni du désir, plus qu’une simple fascination ou de l’admiration… je ne trouve pas le mot.

Je sais seulement qu’en les regardant jouer, qu’en écoutant le timbre envoûtant de leur voix, je reprends confiance en l’humanité, je renoue avec l’émotion, je rentre en moi.

Je devrais aller au théâtre plus souvent.