Il y a peu, je regrettais le fait que l’art ne touchera jamais les gens autant que le sport, qu’il ne les rassemblera jamais avec autant de force. Mais hier le Canadien a perdu. Et hier aussi, je suis allée voir U2 3D.

Les petits drapeaux ont déjà disparu des bagnoles. Les chandails de hockey sont au fond des tiroirs. La ville est lendemain de veille, et le temps gris et frisquet n’arrange rien. Oui, il y a quelques semaines, toute la ville fêtait la victoire de SON équipe, mais aujourd’hui, c’est un peu honteux d’avoir tant espéré que chacun retourne à ses affaires. Il paraît qu’on peut même s’attendre à une période de déprime.

En ce jour de désillusion, donc, je suis allée voir U2 3D. J’ai touché la main de Bono, essuyé sa sueur. J’ai volé au-dessus de cette marée humaine, m’y suis plongée. J’ai été transportée par l’énergie de cette foule compacte et hurlante, j’ai eu envie de danser et crier avec eux.

J’avais tort. L’art peut toucher autant que le sport. En fait, pas toutes les formes d’art. Je continue de croire et de déplorer que l’art visuel ou la littérature n’aient pas cette force. Mais la musique, oui. Que oui. Et ça me console.