J’hallucine peut-être. J’imagine sûrement. Mais aujourd’hui, par cette première vraie journée de printemps, alors que je prenais un peu d’air sur la Plaza St-Hubert entre deux lectures, j’ai croisé une petite fille avec sa maman. Elle devait avoir une dizaine d’années, le teint basané et de magnifiques cheveux noirs et bouclés. Elle portait un manteau d’hiver bleu trop grand pour elle et des souliers à talons hauts en cuir verni qui lui donnaient une démarche comique, un croisement entre un pingouin et une grenouille. Sous le manteau, une jupe dépassait. Elle lui arrivait à mi-mollet. MA jupe. Enfin, elle n’est plus à moi, elle lui appartient maintenant, mais je suis allée porter cette jupe dans une friperie cet automne. J’en suis certaine. Elle est tout de même assez unique et reconnaissable, et je l’avais achetée il y a des années. Je ne la portais plus. Je l’ai donnée. Et maintenant, elle appartient à cette petite fille. Je sais bien, vous vous dites que je fabule, mais puisque je vous dis que je reconnaîtrais cette jupe entre mille!
Et après?… En effet, et puis après? Pas de quoi écrire. Vous avez sûrement raison. C’est d’une banalité. Vous avez raison.
Mais moi, ça m’a fait plaisir de voir cette petite fille. De la voir sourire en se pavanant sur ses horribles souliers vernis. Je l’imagine découvrir la jupe dans la friperie. Supplier sa mère de la lui acheter. Sa mère qui rouspète parce qu’elle est bien trop grande, cette jupe. La petite qui insiste. Oui, mais maman, elle est tellement jolie. Non. S’il te plaît. Non. Maman chérie. Non…
La petite a gagné. Elle ira loin, juchée sur ses talons hauts dans sa jupe trop grande.

2 comments
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Samedi 12 avril 2008 à 11:37
reinedespommes
Alors, je mettrai le 2° commentaire ! J’en suis pas peu fière !
Votre blog est frais et léger ! j’adore !
Et cette jupe trop grande m’attendrit ! J’aimerais revoir une robe de mon enfance sur une petite fille, je suis sûre que j’en ferais un billet moi aussi.
Pomme
Samedi 12 avril 2008 à 21:19
Paula
Chère Reine des pommes, merci! Je continuerai donc à écrire. Pour moi et pour vous.